Ce par quoi on se définit: marques, profession, compte de banque ?

April 20, 2015

 

On oublie trop souvent que ce par quoi on se définit est aussi ce qui nous enferme, nous restreint et nous fait éventuellement, souffrir. En fait, plus nos identifications sont précises et pointues, plus elles nous limitent et risquent, tôt ou tard de nous blesser.

 

Qu’on se définisse en disant : « je suis un professionnel de ceci ou de cela », « je suis un mari », « je suis un chômeur », « je suis le patron », « je suis sa mère », « je suis chrétien ou musulman », « je suis riche – je suis pauvre », etc.; il est clair que toutes ces qualifications et définitions sont en fait des identifications « impermanentes », qui dépendent de nos circonstances et qui, ultimement, nous limitent. Elles nous limitent parce que si un jour, pour n’importe quelle raison, notre situation change, notre désillusion sera aussi importante que notre identification l’était. Elles nous limitent aussi parce que, bien que nombreuses, nos identifications ne sont que des parcelles de ce qui compose la vastitude de notre psychisme.

 

Comment bien cerner ce par quoi on se définit ?

Notre façon de répondre à la question « qui suis-je ? » témoigne de nos identifications et de nos attachements dépendants: 

 

  • D’où provient ma valeur personnelle ? De mes actions, de mes connaissances, de mon emploi, de mon portefeuille, de mon habillement, de ma religion, de mon corps, de ma santé, de ma gentillesse, etc. ? En répondant à cette question on peut facilement repérer ce à quoi on s’identifie.

 

  • On peut le savoir aussi en observant comment on se présente aux autres : « je suis  médecin » ou encore « je suis la mère de Sophie » ou bien « je suis handicapé », « je suis retraitée », « je suis la femme d’un tel ou d’une telle », et même « je conduis telle marque de voiture », etc.

 

  • Ce qui nous rend fiers représente fréquemment les rôles par lesquels nous nous définissons: suis-je fière de mon fils qui est avocat ? Fier de porter telle marque de vêtements ou d’habiter tel quartier ? Fier d’avoir étudié à telle école ? La liste de nos identifications est longue. L’important est de commencer par voir et reconnaître les principales.

 

À quoi ça sert de connaître nos identifications ?

D’abord ça nous permet de mieux nous connaître, de constater à quel point nos perceptions de nous-mêmes peuvent être réductionnistes et dépendantes  et de pouvoir se rapprocher de ce que nous sommes réellement dans la profondeur. Je ne dis pas ici que d’être attaché et identifié à son rôle de mère, par exemple, est limitatif en soi ou que l'identification à ce rôle a moins de valeur qu’une autre identification. Loin de moi l’idée de catégoriser ou de hiérarchiser nos rôles et qualificatifs ! Mon intention en écrivant ce billet est de participer à nous rendre plus conscient de nos attachements. Parce que tôt ou tard, nous devrons nous défaire de ce à quoi nous sommes tellement liés. Et ce qui pourra favoriser ces passages -souvent difficiles-, sera d’avoir pu les anticiper.

Par exemple, si je suis très identifié à un titre professionnel et que je perds mon emploi, ça risque d’être très difficile pour moi. Ou si je suis identifié à un corps jeune (ce que beaucoup de femmes essaient de prolonger), j’aurai beau subir des chirurgies ou injections esthétiques, tôt ou tard la réalité du temps qui passe va me rattraper.

 

Osons donc faire l'exercice de l'introspection bienveillante et voir en face la réalité de ce qui nous constitue, tels que nous sommes, ici et maintenant. Comme nul d’entre nous n’est éternel, ça vaut le coup de se connaître et de s’épargner des souffrances inutiles.

 

 

 

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