Du junk plein la tête

August 9, 2018

 

C'est un fait: nos vies sont remplies de junk et nous sommes de plus en plus conscients de l'importance de préserver l'environnement. Notre santé et l'avenir de nos enfants en dépendent. Du coup, nous avons commencé il y a déjà plusieurs années à recycler et à composter. Nous devenons aussi de plus en plus lucides quant aux impacts mondiaux qu'a notre façon de consommer. C'est un bon début ! 

 

Par contre, ces prises de conscience ne concernent pour l'instant que nos environnements physiques et il reste encore tant à faire pour les préserver !

 

Parallèlement, très peu de gens se soucient de leur environnement psychique. D'ailleurs de plus en plus de personnes -et particulièrement les jeunes (y compris les enfants), vivent avec des niveaux d'anxiété élevés qui les rendent malades. Et la plupart d'entre nous ne questionnent pas sérieusement les causes de cette anxiété de plus en plus généralisée.

 

Mais il suffit de regarder nos vies d'un peu plus près pour constater qu'elles se consument à des rythmes effrénés et qu'elles sont bombardées d'influences grossières dont on ne tient, généralement  pas compte.

Je parle ici de la panoplie d'informations, de publicités, de sons, de potins, de bandes-annonces, d'articles, d'idées préconçues et d'émotions qui peuplent nos journées mais surtout, nos esprits. Il suffit de s'asseoir cinq minutes en silence pour constater ce qui se passe dans nos têtes. Des images, des citations, des projections et les fruits -pas toujours comestibles- de notre imagination, s'y bousculent. 

Ce qui peuple nos esprits n'est souvent rien qui nous soit réellement comestible. Des images violentes, des projections de peurs, des désaccords avec nos proches ou nos collègues se rejouent inlassablement dans nos têtes et consomment énormément d'énergie. On dort mal, on est stressé, on somatise. Mais rarement s'arrête-t-on pour constater l'état des lieux. Si on le fait, ne serait-ce qu'un instant, on réalise  qu'il règne un fouillis particulièrement anxiogène dans nos esprits ! Comme personne n'aime voir son intérieur en désordre et que ce désordre-là n'est visible qu'à très peu de gens, on ferme les yeux. Beaucoup d'entre nous ont d'ailleurs fermé les yeux il y a longtemps sans même s'en rendre compte. Certes, plusieurs diront qu'il est normal que les choses soient ainsi. Par contre, est-ce une bonne idée qu'elles le restent ? Certainement pas. Bien au contraire !

 

Comme nous agissons de façon plus consciente face aux impacts de la pollution mondiale, il serait grand temps de questionner les impacts et la pollution psychique que laissent en nous les nombreuses nourritures d'impressions dont nous nous alimentons à longueur de journée. 

 

Il suffit d'observer ce qui se passe en nous suite au visionnement d'un film. S'il s'agit d'un suspense, ou d'un film d'horreur, le stress et les images du film nous habiterons durant plusieurs heures (voir plusieurs jours) après le film, monopolisant nos affects et nos pensées. Et c'est d'ailleurs la même chose pour les comédies ou les histoires romantiques. Quel que soit le contenu, celui-ci devient une nourriture qui a des effets sur nos esprits.

 

On s'entend généralement tous pour reconnaître que le fait de ne manger que du junk food n'est pas souhaitable pour notre santé. Pourtant, la plupart d'entre nous passent des heures à se farcir l'esprit de réseaux sociaux et d'informations souvent inutiles - quand elles ne sont pas carrément fausses ! ce n'est pas comme de passer du temps dans la nature face à un beau paysage  ou encore se mettre les mains dans la terre en jardinant ! si on y regarde de près, on ne sera pas surpris de se sentir anxieux et déconnecté de soi-même !

 

Afin d'avoir une image réelle de notre état mental, un exercice très simple à faire et à répéter quotidiennement, est de s'asseoir le dos bien droit, dans une immobilité parfaite et en silence pendant quelques instants (commencer par trois à cinq minutes) pour observer attentivement ce qui se passe en nous. Quand nos tensions se libèrent et qu'on se dépose, on peut alors constater le discours débridé des pensées. Ce constat, est en lui-même libérateur du stress et de l'anxiété que nous portons. Il est certain que cinq minutes ne suffisent pas, mais c'est un début ! Arnaud Desjardins a écrit: "Il faut se voir penser, il faut objectiver les pensées, c'est-à-dire en faire des objets dont le sujet prend conscience".

Une fois habitué à cette pratique de cinq minutes au quotidien, on peut graduellement ajouter du temps à l'exercice. Ces pauses, ces prises de contact avec nous-mêmes sont un début de conscientisation qui interrompt la mécanique de notre mental. 

Si en plus, on commence à trier les nourritures d'impressions dont nous nous alimentons pour ne retenir que celles qui nous élèvent et participent à la guérison du monde, on éliminera quelques sources d'anxiété et on sera en route vers le mieux-être, vers une vie vécue délibérément et non plus à la merci de nos circonstances.


Reprendre contact avec soi est un secret si accessible qu'on néglige de s'y intéresser. C'est à nous d'en faire le choix; de réaliser que ce à quoi on porte attention, nous nourrit et alimente nos bons ou nos mauvais circuits. 

 

Pour approfondir ce thème des nourritures d'impression, voir les ouvrages d'Arnaud Desjardins dont: À la recherche du Soi et Le Vedanta et l'inconscien

 

 

 

 

 

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